L'INTERVIEW | Hervé BINDEFELD, photographe d'art





QUI ÊTES-VOUS ?


Hervé Bindefeld, je suis né à Paris où je vis et admire au jour le jour les trésors d'architecture, ponts, chaussées et sculptures de la capitale.


A l'adolescence, je me suis formé seul en lisant sur les techniques de la photographie et par la pratique de prises de vue, d'agrandissements, de tirages en noir et blanc et en couleurs.


Mais déjà très jeune, je rêvais de réaliser des œuvres qui transcenderaient la réalité objective saisie par l'objectif.


Il s'agissait d'une chimère, d'un rêve insensé de transformer la photographie en photo-graphisme.


Voyez les ouïes de violon que l'artiste Man Ray a peintes sur le dos d'une femme, c'est cet univers de la photographie et de la composition artistique qui me passionnait.


Lorsque j'avais 15 ou 20 ans, l'informatique, les ordinateurs et encore moins les logiciels de traitement d'images n'existaient, il convenait de se donner du temps... et voilà venu le temps où le graphisme peut enfin transcender le réel de la photo.


Une période marquée par un long cheminement personnel et par un parcours professionnel atypique en 4 étapes : photographe autodidacte, puis médecin, puis médecin photographe, puis photographe réanimateur de sculptures.


Hervé BINDEFELD


VOTRE PROJET, POUR QUOI ?


Pour exprimer mes sentiments, mes colères, mes désirs, mes folies.


Pour interroger, interpréter, interpeler, interagir avec l'autre, le ciel, les disparus.


Mon projet consiste à saisir l'esthétique de figures sculptées, puis à les embarquer dans un autre monde mêlant image et imaginaire.


Les modèles sont des sculptures ornant l'espace public. Elles sont exposées aux rigueurs du temps, des intempéries et autres violences de la rue. Esseulées, négligées, salies parfois brisées, je m'attache les à réparer.


Je les anime, les mets en scène et les projette dans un autre décor jusqu'à les inscrire dans un nouveau récit vous laissant à vous, public, la charge d'en faire des digressions.

A vous d'achever ce travail que je signe d'un "Hv".


Une œuvre d'art peut-elle un jour être achevée ? Faut-il l'éternité pour y parvenir ? Où se cache la vie derrière les sculptures ? Les disparus peuvent-ils reparaître ? Comment habiter tout à la fois le passé et le présent, le vivant et le virtuel ?


Autant de questions qui fondent le "pour quoi ?" de mon approche.






POURQUOI PARIS ?


J'y a trouvé mon inspiration et y puise sans cesse des ressources créatives.


Nombreux sont les auteurs et autres artistes d'hier et d'aujourd'hui nourris par la concentration de talents exprimés depuis des siècles et dans tous les domaines à Paris, ses rues, ses places, ses quais, ses jardins, ses gares.


Aucune autre ville ne fourmille d'autant de statues, hauts et bas reliefs, atlantes et cariatides ou autres éléments d'ornement de façades et de ponts aussi inspirants... pour un réanimateur de sculptures !


D'autres cités comme Bordeaux, Rome ou Prague opposent une concurrence sérieuse mais Paris l'emporte pour moi, son passé, ses rayonnements d'histoire et de lumière me pénètrent jusque dans mes tripes.


Du Pégase d'Antoine Coysevox installé à l'entrée du jardin des Tuileries (XVIIIe) à la nymphe de Joseph Felon implantée sous un arbre du jardin des plantes (XIXe) au encore aux lampadaires d'Henri Désiré Gauquié habillant le pont Alexandre III (XXe) : un voyage dans le temps et dans l'espace de Paris où je perd le sens des réalités.


Saut
Conte et fleurette
Candélabre disloqué

PARIS POURRAIT-IL MIEUX RAYONNER ?


Oui, en créant un lieu inédit : une Galerie de rue !


Cette Galerie de rue aurait pour objet de promouvoir en photo le patrimoine statuaire de Paris.

Elle serait située dans un bel endroit passant ou au contraire dans un passage oublié de la capitale.


Ouverte, gratuite, accessible à toutes et tous, elle exposerait des réalisations photographiques avec, pour chacune, un cartouche ou un film permettant de redécouvrir les quartiers de Paris.

La traversée de la Galerie équivaudrait à une marche imaginaire dans la capitale et inviterait à la rencontre, aux quatre coins de la ville, de cette statuaire revisitée.


Une première galerie de rue pourrait voir le jour à Paris puis essaimer dans de grandes villes à l'étranger - Chicago, Moscou, Pékin ... - pour contribuer au rayonnement des lumières de Paris.




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