L’ÉVÉNEMENT | Petit-déjeuner avec Laurent DASSAULT


Jean-François LEGARET, Laurent DASSAULT, Catherine DUMAS et Alain CARADEUC devant l'entrée Chez Françoise
Jean-François LEGARET, Laurent DASSAULT, Catherine DUMAS et Alain CARADEUC Chez Françoise

PETIT-DÉJEUNER avec LAURENT DASSAULT

COMPTE-RENDU


Le 21 janvier 2020, l’Institut International Les Lumières de Paris recevait dans le restaurant Chez Françoise, Aérogare des Invalides, Laurent DASSAULT pour un petit-déjeuner consacré à Paris et à son rayonnement.


Après les mots de bienvenue du Président Jean-François LEGARET, Mathieu LA FAY, directeur associé du cabinet de conseil ComPublics, prit la parole pour rappeler les grandes étapes de la carrière de notre invité.


Jean-François LEGARET
Jean-François LEGARET

Mathieu LA FAY
Mathieu LA FAY


Dirigeant d’entreprise, financier, mécène, actif dans le monde de l’art contemporain (notamment au travers d’ART CURiAL dont il est administrateur et qui appartient à son groupe familial) et dans les causes humanitaires, Laurent DASSAULT frappe par son ouverture, sa disponibilité et son écoute. Son parcours n’est pas seulement marqué par sa naissance : il l’est aussi et surtout, pourrait-on dire, par son désir d’engagement au service des causes qui sont au cœur de notre société et qu’on pourrait résumer par l’ambition, le désir d’entreprendre, de participer à la marche du monde. Cet appétit de vivre, de connaître, de partager fait de lui un acteur essentiel et incontournable de la vie parisienne.


Laurent DASSAULT
Laurent DASSAULT

Son intervention fut émaillée d’anecdotes savoureuses. Ainsi, lorsque son illustre grand-père décida de s’installer sur les Champs Elysées sur les conseils de son ami Marcel Bleustein-Blanchet qui le lui conseilla pour... vendre des avions !


Il nous rappela aussi que c’est Marcel DASSAULT qui décida, le premier, de contribuer généreusement à l’éclairage de Noël de la célèbre avenue. C’est aussi la famille qui vient de financer une des nouvelles fontaines éclairées créées par les frères Bouroullec pour le Rond-Point. Et on comprend ainsi mieux encore l’importance que Laurent DASSAULT accorde, lui aussi, aux « Lumières » ! Ce réenchantement des Champs Elysées (auquel il participe en étant au conseil d’administration du Comité des Champs Elysées) doit passer selon lui par la nécessaire réfection des jardins de l’avenue et, pourquoi pas, par l’installation d’un espace végétalisé sur la Concorde, projet de la Mairie auquel il se dit favorable.


A écouter Laurent DASSAULT, on saisit bien que sa passion pour Paris est profonde et sincère. La plus belle ville du monde nous dit-il, symbole de beauté et de romantisme. Témoins, ces couples de jeunes Chinois qui se font photographier en tenue de mariage sur le pont Bir Hakeim et que, curieux de cette pratique devenue un must pour nombre d’entre eux, il questionna un jour sur leurs motivations de faire tout ce voyage pour quelques photos ! « Par ce que Paris est tellement romantique ! Pour nous, la Tour Eiffel illuminée est un tel symbole de la réussite et de la beauté ! »


Aux nombreuses questions de la salle, Laurent DASSAULT répondit avec humour et sans détour. Retenons, par exemple, qu’il cita la présence de moutons dans le parc des bureaux de Dassault Systèmes à Vélizy. Peut-être une réponse à l’envolée du prix des terres agricoles ? Son intérêt pour l’agro-alimentaire ne s’arrête pas là : il est président de Dassault Wine Estates (qui possède, entre autres, l’excellent Château Dassault) ; il nous apprit à cette occasion que l’origine de ce grand cru est à trouver dans le fait que Marcel DASSAULT avait acquis un château dans le Bordelais pour y emmener les clients de ses avions, une de ses usines étant dans la région.


Une autre passion, les chevaux, l’emmena à convaincre son père Serge d’investir aux côtés de l’Aga Khan dans la société Arqana spécialisée dans les ventes de chevaux de course pur-sang, notamment lors des ventes de yearlings à Deauville.



Le marché de l’art nous valut quelques remarques pertinentes, notamment sur la situation de l’art contemporain en Chine : marché en forte croissance (+30% pour Sotheby’s l’an dernier), mais marché complexe qui répond à d’autres critères que les marchés occidentaux, d’où une certaine prudence de notre invité sur ce sujet. La question de l’arrivée massive des GAFA sur ce marché a été aussi évoquée. Laurent DASSAULT est optimiste car les ventes en ligne dynamisent toute la profession tout en faisant ressentir à la clientèle le besoin d’un contact physique, d’où le rôle essentiel des maisons de vente traditionnelles qui, pour lui, ont de beaux jours devant elles.


Sur la question de l’enseignement et de la promotion de la sculpture dans la capitale, il ne put qu’approuver les remarques d’une participante à la conférence en souhaitant la création d’une école et d’un musée dédiés à cet art insuffisamment mis en valeur.


Didier CHENET, Président du GNI, attira notre attention et celle de notre hôte sur la situation fragile de nombre de cafés et restaurants de Paris qui sont souvent mal aimés car accusés, souvent injustement, de causer des troubles au voisinage. Comment faire pour aider et sauver les bistrots parisiens ? Car sans eux et sans leurs terrasses, Paris ne serait plus Paris !


Olivier MOUSSON, Président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, demande à notre invité s’il pensait possible de relocaliser des activités industrielles non polluantes (comme la recherche, l’ingénierie, les services, etc.) dans Paris, au même titre que les métiers d’art. Ce n’est pas simple… répondra logiquement celui-ci. Notamment à cause du prix du m2.


Pour Gérard GAYET, Adjoint au maire du 15ème,  il faut encourager les partenariats entre les écoles et le monde de l’entreprise, comme c’est le cas entre l’Enssama Olivier de Serres et le Comité Colbert. Reproduire ce modèle entre les universités scientifiques et les écoles d’ingénieur avec le Groupe Dassault serait un bel exemple de collaboration fructueuse entre le monde académique et l’industrie. Laurent DASSAULT rappelle que la taxe d’apprentissage versée par son groupe participe déjà au financement des écoles d’ingénieurs (X, Centrale, Supaéro, etc.) mais qu’en effet il faut aller plus loin.


Enfin, d’autres questions furent abordées, comme la chance pour Paris de prendre une place plus importante dans la finance avec le Brexit (notre invité y croit, en effet). Comme la gastronomie, activité emblématique de notre ville s’il en est, et à qui il manque une manifestation à la hauteur de son rôle économique et social, une sorte de fête populaire autour de la table et des produits de la terre (l pense que c’est une idée à creuser). Comme la photographie, représentée par les photographes Hv et Thierry BOUËT, ce dernier ayant réalisé 600 photos des n°1 des rues de Paris ! (Il leur conseilla d’adapter leur travail aux capacités d’exposition pour faciliter la faisabilité de leurs projets).


Thierry BOUËT et son épouse, Alain CARADEUC
Thierry BOUËT et son épouse, Alain CARADEUC

Hervé BINDEFELD, alias "HV"
Hervé BINDEFELD, alias "HV"


Nous retiendrons de cette belle rencontre que la capacité à savoir tirer parti des situations les plus variées est une des raisons de la réussite de notre invité au même titre que de sa famille dans des domaines aussi différents que l’aéronautique, les nouvelles technologies, l’immobilier, la politique, l’art contemporain, le mécénat, le vin pour citer les plus emblématiques. En n’oubliant pas la devise du fondateur du groupe, l’illustre Marcel DASSAULT, qui disait, en réponse à une question sur sa réussite : « c’est le fruit de quatre éléments : du travail, du travail, du travail et un peu de chance » !


Catherine DUMAS
Catherine DUMAS

Le mot de la fin appartint à Catherine DUMAS, la Présidente d’honneur de l’Institut, qui, après avoir remercié Pascal MOUSSET, propriétaire de Chez Françoise qui nous accueillait ce matin pour la première fois, tint à exprimer sa satisfaction sur le déroulé de ce petit-déjeuner. Cette rencontre, en effet, nous a entraînés dans la légende d’une famille étonnante qui a participé et participe encore à écrire les plus belles pages de l’histoire de notre pays. Elle se félicita que l’Institut continue à être un lien de prospective et de réflexion dans une ambiance conviviale et chaleureuse et insista enfin sur l’impérieuse nécessité que toutes et tous se mobilisent afin que Paris continue à exercer son attractivité dans tous les domaines afin qu’elle continue à être – ainsi que la juge Laurent DASSAULT – un des phares de notre civilisation.


Alain CARADEUC,

Secrétaire Général


Pascal MOUSSET
Pascal MOUSSET